De par le monde, mes yeux s'extasy!

La condition de la femme au Vietnam

Pour mieux comprendre la place de la femme au Vietnam :

Afin de compléter le thème « Travailleurs/Travailleuses » dans la page ROUGE VIETNAM, voici 2 articles sur la condition de la femme au Vietnam.

Le premier est rédigé par VO Trung Dung, il  provient de son blog, hébergé par le journal Le Monde.

http://trungdungvo.blog.lemonde.fr/2007/07/12/la-femme-vietnamienne-entre-confucianisme-et-modernite-01/

Le second est un article écrit par Geneviève Marquis (géographe) en collaboration avec Danielle Quiniou, Professeure en Sciences Politiques au Collège Ahuntsic de Montréal. Deux femmes canadiennes qui s’expriment donc sur ce lointain pays.

http://www.un.org/News/fr-press/docs/2007/FEM1593.doc.htm

EXTRAIT

La femme vietnamienne est la plus libre, la plus puissante de toutes les femmes ayant reçu l’influence confucéenne en Asie. Elle a participé à toutes les guerres, aux luttes pour la survie. D’hier et encore d’aujourd’hui, elle demeure un levier actif et un pivot sur lequel s’appuie l’homme. Les femmes vietnamiennes représentent en 2007 une force vitale pour le pays. Demain, elles occuperont une place prédominante dans la société, notamment en s’imposant dans le secteur économique.

La société vietnamienne, sous son apparence « machiste », est en réalité dirigée par des femmes. Sur tous les fronts : économique, familial, éducatif. Seul la politique reste encore un bastion masculin. Il s’agit probablement d’une question de choix de priorité : vie publique ou vie familiale. Cependant, les Vietnamiennes y contribuent. Quelques unes sont entrées dans l’Histoire : Soeurs Trưng, Nguyễn Thị Bình, Dương Quỳnh Hoa,.. Douze pour cent des postes ministériels sont tenus par des femmes. Les députés féminins occupent 27% des sièges. Un pourcentage honorable — première place en Asie — qui devance largement la France et autres pays européens du Sud.

Longtemps, le confucianisme et son système de valeurs ont imposé à la femme vietnamienne les « Trois dépendances » : enfant, la fille est soumise à l’autorité du père ; épouse, à celle de son mari ; veuve, à celle de son fils aîné. En réalité, tous les enfants sont soumis à l’autorité du père mais aussi de la mère. Celle de son fils aîné — sur sa mère veuve — n’a jamais existé. La législation instaure l’égalité entre les sexes. En pratique, l’inégalité perdure dans certaines domaines. En raison d’une mentalité — millénaire — encore lourde de conservatisme de façade.

 » La prédominance des valeurs confucéennes a diminué dans le temps… Dans un système économique basé à présent sur la compétition entre individus, les femmes sont poussées à dépasser ces valeurs pour s’imposer ! » affirme Mme Trân Thi Thanh Thanh, ancien ministre de la Famille et de l’Enfance.

Vo Trung Dung

CULTURE, FEMMES ET DÉVELOPPEMENT AU VIÊT-NAM

par Geneviève Marquis

Professeure Danielle Quiniou, Collège Ahuntsic (Hiver 1998)

Le Viêt-nam est un pays qui s’est beaucoup transformé depuis la fin de la terrible guerre dont il a été le théâtre. En 1975, Saïgon, la capitale du Sud-Viêt-nam, est passée entre les mains des forces communistes. Peu de temps après, la métropole est devenue Ho Chi Minh Ville et s’en est suivi la formation d’un gouvernement centralisé puissant, qui gérait de façon systématique toutes les activités sur le territoire. Les conséquences de ce nouveau régime, issu de la guerre, a eu de nombreuses répercussions dans la vie de la population et spécialement dans celle des Vietnamiennes.

Le rôle de la femme avait été très important durant la guerre. Les femmes avaient combattu, elles avaient été espionnes, elles avaient travaillé au côté des hommes dans une multitude de domaines qui, auparavant, étaient exclusivement réservés à la gent masculine. La condition de la femme était donc sortie du cadre traditionnel grâce à la guerre et, pour de nombreuses militantes, le nouveau régime du Viêt-nam unifié donnait espoir en un avenir meilleur. Mais l’émancipation des Vietnamiennes ne se fit pas aussi facilement et aussi rapidement que prévu. En fait, l’après-guerre a plutôt été synonyme de retour à la tradition pour plusieurs d’entre elles. Comme le disait Cô Bây, dans le cadre d’un récent reportage télévisé (une célèbre médecin et ancienne ministre de la Santé pour le Parti communiste): «les femmes ont dû retourner s’occuper des enfants et faire la vaisselle, car on n’avait plus besoin d’elles».

Mais les femmes n’ont pas facilement accepté de retourner dans leur foyer. Elles voulaient travailler, s’impliquer, se sentir utiles pour leur patrie. Elles se sont donc organisées pour se donner les moyens de s’émanciper. La clé de la libération passait par l’alphabétisation et les Vietnamiennes l’avaient compris. Appuyées par le gouvernement, elles ont contribué à démocratiser le système d’éducation, qui n’était autrefois accessible qu’aux familles bourgeoises. Elles ont étudié la médecine et ouvert des dispensaires dans les campagnes. Avec le support d’organismes internationaux, elles ont mis sur pied des coopératives agricoles et artisanales, ce qui a permis à plusieurs d’entre elles de se soustraire au pouvoir absolu de leur mari-patron. De plus, grâce à certaines lois promulguées par le Parti, comme le fait d’interdire la polygamie et de rendre la femme juridiquement égale à l’homme dans le mariage et le travail, la femme a vu sa condition s’améliorer considérablement. Les structures traditionnelles de la famille et les stéréotypes se sont transformés et ont donné naissance à un nouveau style de vie pour les Vietnamiennes.

Mais depuis la politique d’ouverture économique de Doï Moï, lancée en 1986, la condition des femmes semble s’être détériorée. En fait, la croissance économique et la montée de l’idéologie capitaliste au Viêt-nam ont rendu précaire le statut de la femme. Car depuis quelques années, les coffres de l’État sont presque vides. La pauvreté et la faim se sont installés un peu partout dans le pays et les femmes sont souvent contraintes d’assumer une grande partie des responsabilités familiales. Celles qui fréquentaient l’école ont été envoyées dans les manufactures et les mères de famille ont vu leurs responsabilités augmenter. Elles doivent s’occuper de cultiver la terre, d’élever les enfants et, souvent, elles ne suffisent pas à la tâche. Elles choisissent donc de fonder une famille nombreuse et c’est la spirale de la pauvretéqui prend forme.

Le Viêt-nam est aujourd’hui en période de transition. La tradition est confrontée au modernisme et le socialisme au capitalisme. Qu’adviendra-t-il de ce pays de 75 millions d’habitants? Nul ne le sait vraiment. Mais une chose est cependant certaine, le post-socialisme a eu et aura encore de graves répercussions dans la vie de tous les Vietnamiens et, plus précisément, dans celle des femmes. Les domaines qui ont été identifiés comme les plus problématiques, lors d’une récente conférence à Bangkok sur l’avenir du Viêt-nam, étaient l’éducation, la santé, le travail, un système de sécurité sociale, l’environnement et la famille. Ce sont de très grands défis à relever pour le gouvernement vietnamien et les prochaines années seront déterminantes quant à l’avenir de ce pays, qui pourrait devenir un acteur important sur la scène internationale s’il réussit à exploiter son immense potentiel.

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