De par le monde, mes yeux s'extasy!

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Inde : Profils

Profils

Il suffit parfois d’attendre…

 

Je suis resté planté sous un porche, quelques minutes… Caché dans l’ombre, j’ai attendu que les passants m’ignorent. Fondu dans le décor, j’ai  enfin pu les photographier… de profils. Mais seulement à cet instant précis où la pensée s’abandonne, la tête souvent baissée. Ou encore à ce moment particulier que qualifiait si bien Scott Fitzgerald : l' »apnée de conscience »,  temporalité fugace où aucunes pensées n’appréhendent le monde environnant!

Cet homme semblait être absent du monde, il marchait comme un pantin guidé par des fils dont il n’avait pas le contrôle alors j’ai appuyé sur le déclencheur… intrigué.

Profils sur profil

Cette représentation divine tranche singulièrement avec les icônes traditionnelles, on aurait même tendance à penser qu’il s’agit d’une peinture Inca en raison de ses contours noirs et de sa représentation de profil. Il n’en est rien pourtant, cela reste pour moi énigmatique. Ce fut une occasion de faire une série de 3 trois photos de profils de quelques passants, habitants la merveilleuse ville de Jaisalmer,  cité forteresse qui fut un carrefour commercial important du Rajasthan situé sur la route des caravaniers.

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Vietnam : comparaisons d’époque

A la rencontre de deux époques

(architecture)

N’y voyez aucune nostalgie de ma part! Ce fut… et c’est, à point c’est tout.

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Japon : quelques jours après la catastrophe (sélection de photos)

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Sans commentaires…


Inde

Histoire de turbans…avec ou sans moustache!

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Ils m’ont tapé dans l’oeil ! (n°4)

 Edward Burtynsky  ou l’art des paysages industriels

Voici un documentaire absolument magnifique sur le travail de ce photographe et plus largement sur les paysages industriels de ce monde. Il s’agit sans conteste de l’un des plus beaux documentaires jamais fait sur le sujet. 

Pour les intéressés qui me connaissent, j’ai ce documentaire en stock que je garde précieusement !

Edward Burtynsky est un photographe canadien, reconnu pour être l’un des meilleurs photographes de sa génération. Spécialisé dans la photographie de paysages industrielles, il a arpenté les quatre coins de la planète à la recherche des espaces en mutation, des paysages ravagés par l’ère industrielle et il a été le témoin particulier des grands changements de ce monde.

Il est allé en Chine pour photographier le barrage en construction des « Trois gorges »,  sans conteste le plus pharaonique des projets que la terre est portée à l’aube du 21ème siècle. En dehors de l’aspect monumental de ce barrage, il a aussi rendu compte implicitement du déplacement de quelques millions de chinois situés dans le zone inondable du barrage par la destruction de villes immenses.

En chine, il s’est aussi intéressé aux usines qui s’étendent sur des kilomètres de long, avec leurs bataillons d’ouvriers, véritable armée de travailleurs en bon ordre, de petites mains scrupuleuses, d’hommes et de femmes affairés, noyés dans ce grand bain industriel  et qui espèrent ainsi entrer dans le temple de la consommation par le faible gain de leur force de travail. L’une de ses photos est un clin d’oeil à cette « armée enterrée de soldats en terre cuite » près de Xian, une armée gardienne de l’empereur et donc de l’empire chinois.  

L’individu n’existe pas ou très peu. Les photos représentent souvent des employés parmi d’autres employés, anonymes accomplissant toujours la même tâche. Et oui, la division des tâches a encore des jours glorieux devant elle, un(e) ouvrier(e) une tâche, de quoi rendre dingue un individu par des cadences toujours infernales. C’est une déshumanisation à laquelle nous assistons à travers ces photographies, une déshumanisation dans un monde trop plein d’hommes…

Au début du film documentaire « Manufactured landscapes », la réalisatrice du documentaire Jennifer Baichwal a sublimement montrer le gigantisme de ces usines chinoises avec un long plan séquence d’au moins dix minutes, on s’impatiente un peu, ce plan interminable sous forme de travelling (à la vitesse d’un homme à pied) opère sur nous lentement pour nous déstabiliser complètement, il devient presque irréaliste tant c’est gigantesque. Il montre les postes de travail des ouvriers, tous en lignes, puis peu à peu la caméra s’arrête dans un plan plus serré pour s’intéresser à un poste de travail: enfin l’humain nous apparaît. Grandiose!!! Un grand moment de cinéma… 

Edward Burtynsky a aussi photographié ces géants des mers en fin de vie sur les plages du Bangladesh, que les ouvriers dissèquent, dépècent tranches par tranches, tronçons par tronçons. Ces grandes baleines de métal disparaissent alors en quelques mois, sucées jusqu’à la moelle. Le métal alimentera alors les forges des grandes fonderies multinationales, encore un travail monumental.

Burtynsky s’est aussi intéressé à l’industrie pétrolière dans un travail nommé « End of oil« , il a photographié les infrastructures pétrolières laissées à l’abandon un fois les gisements épuisés. Faut-il y voir un documentaire d’anticipation, oui et non, non car l’industrie pétrolière a encore de beaux jours devant elle, oui car cette ressource commence à se tarir. Nous avons le sentiment aux vues de ces photos, qu’il s’agit d’une projection de notre propre avenir : inquiétant, car l’impact écologique s’annonce désastreux. 

Enfin Burtynsky a photographié le matériel militaire obsolète parqué sur des territoires immenses aux Etats-Unis et qui sont toujours dans l’attente d’être recyclé ou sont en phase de l’être, y compris du matériel qui a plus de 40 ans…

La démarche de l’auteur est bien sûr celle du documentaire,  elle est pétrie par le soucis d’exactitude et d’objectivité dans le travail mené. Cependant Burtynsky reste avant tout un graphiste et ses photographies flirtent indéniablement l’abstrait, la composition est savante, presque « structuraliste », certaines photographies forment alors  des compositions abstraites avec des aplats de couleurs saturés… il est à la frontière entre le réalisme et l’abstrait, une belle prouesse, rare en photographie, bravo !   

A.P

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Ils m’ont tapés dans l’oeil n°2

Le photographe américain Mitch Epstein, a reçu le prix Pictet 2011, pour son travail intitulé American Power. Pendant cinq ans, Epstein a parcouru les Etats-Unis pour comprendre le lien entre son pays et l’énergie, mais aussi le lien entre paysage et énergie, sa production et sa consommation. 

Le photographe n’imaginait pas que le sujet lui vaudrait autant de problèmes et de tracasseries. Sans cesse, il est harcelé par la police et le FBI, alors même qu’il prend ses photos dans l’espace public. Il doit parfois quitter les villes dans lesquelles il réalise son projet, sous peine de se retrouver en prison. Il travaille sur un sujet ultra sensible. La question de l’énergie (« power » en anglais, qui signifie à la fois pouvoir et énergie) est la pierre angulaire de la puissance américaine. Jusqu’à la chaise électrique, qui fait partie de cette interrogation: « Pour quelles raisons importons-nous tout ce pétrole, pourquoi brûlons-nous tout ce charbon polluant, réalisons des forages dans nos océans et nos parc nationaux? » interroge Epstein. 

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