De par le monde, mes yeux s'extasy!

Articles tagués “J’adore

Hong Kong : « autopsie d’un rat » ( œuvre d’art )

Voici une photo prise dans une galerie d’art, le rat semble avoir été terrassé par l’araignée. Je ne connais pas l’auteur de cette œuvre. Le drap blanc me paraît intéressant dans la démarche plastique de l’artiste, il semble avoir une fonction fictionnelle, celle de camper un décor dramaturgique qui me fait penser alors à une salle d’autopsie. Bravo Monsieur ou Madame X.

Le rat est un animal emblématique en Chine, il appartient à la culture chinoise, il n’a pas forcément cette réputation négative qu’on lui prête en Occident depuis les grandes épidémies de peste du Moyen Age, cette bestiole a alors un fort pouvoir d’interjection. Voir ainsi cet animal sanctuarisé, est sans doute une idée forte dans cette œuvre, idée qui semble vouloir mobiliser notre inconscient collectif… Ou du moins attirer mon œil égaré.

20121201-174030.jpg

Publicités

J’adore les Tudors

Voici une série qui mérite le détour, les Tudors. C’est l’histoire d’Henri VIII, roi d’Angleterre, roi belliqueux aux 6 épouses. Ce Personnage haut en couleur sévit dans ce chaudron de l’histoire Européenne du XVIe siècle, en proie aux schismes religieux et sous la prise de ces mains acérées que sont les régents François Ier, Charles Quint et bien sûr Henri VIII. Nous sommes à une période où l’Eglise tente de pacifier les relations entre les régents tout en étant à la fois juge et parti. C’est aussi une période où les idées de Calvin vont trouvées échos dans l’entourage du roi Henri VIII. L’Europe opère alors une rupture idéologique et religieuse.

20120929-121836.jpg

L’esthétique de la série n’a, à ma connaissance, nul autre pareil. Les costumes sont sublimes, la photographie du film est très maîtrisée ainsi que la mise en scène. Tout participe dans cette série à renforcer la dramaturgie de cette époque et celle des personnages. Les intrigues, les trahisons, les passions, les joies s’y entrechoquent dans une sérénade endiablée.

Pour profiter de cette formidable fresque historique, rien de tel que de la visionner sur un écran plasma, en HD. Merci à Arte d’avoir diffuser cette série produite par nos amis irlandais et canadiens, qui je pense n’ont pas hésité à écorner l’une des grandes icônes de l’histoire d’Angleterre. Y aurait-il un peu de ressentiment de leurs parts ou rendent-ils compte simplement d’une époque sans en déformer les contours?
Pour ma part je ne peux y répondre, alors amis historiens la vérité vous appartient.

20120929-130119.jpg


Ils m’ont tapé dans l’oeil ! n°9: Melancholia de Lars Von Trier

Voici un film que j’ai vu il y a un mois et qui me poursuit encore, plutôt rare!

Il s’agit de la fin du monde, un couple se marie alors que la planète et l’humanité vit ses derniers instants. Elle, Justine (Kirsten Dunst) et lui ne le savent pas encore mais la jeune mariée, une artiste reconnue (dans la catégorie des écorchées vives), ressent en souffrance l’intensité de ce monde qui va à sa perte, dans sa chair et son âme, comme si elle était raccordée à la terre, au cosmos. (peut-être la dimension philosophique ou symbolique du film?)

Dès la cérémonie de mariage et durant le repas, le malaise s’installe, des parents divorcés (Charlotte Rempling et John Hurt) qui se balancent des reproches en public comme dans une joute verbale. Un beau-frère (kiefer Sutherland) plein aux as, le « grand argentier » de ce mariage est très attaché quant à lui aux conventions, il se scandalise devant les disparitions et réapparitions répétées de la mariée pendant le repas de mariage, il ne cesse de lui faire des reproches tout en débordant d’affection pour elle, elle qu’il considère comme une petite soeur irresponsable. Il vire la mère acariâtre de la mariée  qui assène quelques vérités sur le mariage et écorne l’image idyllique qu’il représente, etc. (la dimension sociale)

Les choses vont de mal en pis, les scientifiques se veulent rassurant d’autres le sont beaucoup moins mais ils ne sont pas relayés par les médias, évident!

Alors que le drame s’installe, la vraie nature des gens est révélée, la lâcheté du beau-frère jouxte la flamboyance et le courage de deux soeurs (Charlotte Gainsbourg et  Justine, la mariée) devant l’inéluctable.  Elles vont tenter de préserver le seul enfant de la famille de la cruauté irréparable de ce monde en perdition. (la dimension ontologique)

La fin, poétique et sublime ne suffit pas à effacer ce sentiment d’effroi, sentiment amplifié par une bande sonore dantesque! 

A voir donc absolument, on flippe, on flippe mais j’ai trouvé ce film grandiose, il en ferait presque oublié les frasques du réalisateur lors du festival de Cannes de 2011. Attention cependant, on aime ou déteste!

Merci monsieur Lars Von Trier pour ce film que je trouve fabuleux! 


Dans ma bulle (mes auteurs préférés dans le monde de la BD): n°1 – Rabaté « IBICUS »

Ibicus (en 4 tomes) d’après une oeuvre Alexis Tolstoï,

dessins de Pascal RABATE

 

Quand Pascal Rabaté est primé en janvier 2000 à Angoulême, les cicatrices de l’ex-empire soviétique ne sont pas encore refermées et l’œuvre du dessinateur angevin fait alors figure d’o.v.n.i. dans le monde des « petits mickeys » tant par ses partis pris graphiques et esthétiques, que par son sujet .

Les mésaventures de Simeon Nevzorof, obscur comptable, prototype même de l’anti-héros, ballotté au gré des soubresauts de la Révolution d’Octobre sont adaptées à partir d’un roman oublié d’un certain Alexis Tolstoï (et non du célèbre Léon !) déniché chez un bouquiniste par le dessinateur des Petits ruisseaux. Cette épopée sinistre et dérisoire raconte comment, alors que La Grande Russie prend l’eau de toute part, ce Rastignac débutant cherche avant tout à sauver sa peau, essentiellement motivé par la recherche de l’enrichissement personnel et la jouissance immédiate, une idéologie purement individuelle en opposition au contexte du moment, on l’aura compris !

Plus qu’un récit linéaire et formel, Ibicus est d’abord la chronique d’une errance cynique et désabusée à travers la Russie bouleversée et agitée de 1917 dans laquelle Nevzorof court après son rêve (?), celui de réussir, de gagner de l’argent (facilement ?) de se faire une place au soleil malgré les ombres et les nuages noirs qui s’amoncellent sur cette région du monde sinistre et déglinguée où de nombreux destins individuels vont chavirer sous la pression des évènements. Tour à tour comte, détrousseur, tenancier de tripot…, il traverse cette période de révolution comme un chat à neuf vies… Avec neuf vies, mais un seule mort, rajoute Rabaté dans la post-face du premier tome !

Voyage à l’intérieur d’une Russie intime

Avec cette réussite monumentale (quatre épais volumes dans l’édition originale, un succès inespéré), Rabaté construit une œuvre personnelle et forte, en marge de ses premiers récits au trait charbonneux, faussement brouillon, chroniques d’un quart monde provincial des bords de Loire.(les Pieds dedans, un ver dans le -fruit, aux éditions Vent d’Ouest).

Ibicus s’impose comme une œuvre majeure de la bande dessinée contemporaine, aussi originale dans sa forme que dans son propos bousculant bien des idées reçues. Loin des couleurs saturées d’aérographe du moment ou du nombrilisme d’autres récits graphiquement minimalistes, le dessinateur propose un vrai dépaysement, le souffle enfumé d’une aventure destroy et désespérée. Cette Russie méconnue, souvent invisible, reste aussi éloignée des clichés politiquement corrects que des allégories révolutionnaires et ne cherche donc pas à séduire les russophiles en mal de sensations fortes.

« Ce qui manque le plus à Moscou aujourd’hui ? La poésie, mon vieux, la poésie ! »

Tout l’esprit du livre est contenu dans les propos cyniques de Rtichtchev compère d’un jour de Nevzorof, lui proposant de créer une maison de passe !

Le visiteur du pays des années Intourist (agence officielle des années soviétiques) retrouvera à travers les gris et les espaces vides de certains décors l’ambiance à la fois glacée et immobile de certaines agglomérations de la Russie d’alors. Ici, le voyage est ailleurs, si les landes de l’Oural sont suggérées, si Odessa n’est pas forcément conforme aux cartes postales, l’exotisme de Rabaté est plus littéraire que géographique ou ethnologique. Rien à voir avec le fameux réalisme soviétique, Ibicus n’est ni l’un, ni l’autre : « Mon adaptation est libre, mais j’ai cependant essayé de respecter l’esprit de l’auteur. Ceci dit je m’en fous, c’était un stalinien et il est mort ! » (Extrait de la postface du premier volume).

Une subjectivité assumée

L’auteur l’avoue et le revendique : son adaptation n’a pas vocation à faire œuvre de témoignage, les tenants de l’exactitude et de la vérité historique en seront pour leur frais. En privilégiant « l’ambiance à la vérité des lieux », l’auteur ne cherche pas à faire œuvre d’historien. Même si son personnage nous transporte de Petrograd à Odessa ou Istanbul, son graphisme basé sur une technique du lavis parfaitement maîtrisée mais sans excès d’esthétisme, nous rend ce monde pas encore soviétisé tout à fait convaincant et crédible.

Les références sont davantage à rechercher du côté d’Eisenstein de Lang ou de Wells car pour l’artiste « ce n’est pas la lumière qui est intéressante, c’est l’ombre ». [1] En travaillant sur l’étirement des silhouettes, Rabaté associe aussi toutes ses références expressionnistes (d’Otto Dix à Grosz ou Kokoschka !) pour recréer des ambiances fantastiques issues de sa culture cinématographique. La maturité de son graphisme puise son expérience aussi bien dans les images d’un Chagall ou d’un Soutine pour le côté « russe » que dans celle d’un Breccia pour la confrontation du noir et du blanc et des clairs-obscurs.

Céline chez les soviets ?

« Tolstoï a écrit Ibicus comme un roman d’allégeance au régime soviétique, une manière de dire que les Russes blancs qui étaient partis étaient tous des médiocres, point de vue que je ne partage évidemment pas . Tolstoï méprise et fait une fable là où moi je ne fais que le portrait d’un personnage minable qui se débat dans un bouillon de culture… ».

Ni misérabiliste, ni exagérément politique la Russie de Rabaté ne fait apparaître les Soviets que lorsque c’est nécessaire au récit, non pour servir un discours déjà rédigé. Ses parties de chasse sont sauvages, cruelles et côtoient le fantastique d’un monde en voie de disparition. Si Rabaté décrit un univers où la mort et la folie se disputent des destins tragiques et dérisoires. En revendiquant une « lecture délibérément subjective de l’Histoire », il justifie une démarche qui ne gêne en rien l’évasion ou le voyage, bien au contraire ! Ibicus nous transporte dans un monde dont on croyait déjà tout connaître, un Voyage au bord de la nuit soviétique en quelque sorte !

On peut aussi visiter la Russie grâce à :

- Jusqu’à Sakhaline, un récit de voyage de Berrou et Rabaté


Ils m’ont tapé dans l’oeil ! n°7

Contre la tyrannie du fric !

Voici un album réjouissant, pour apprendre à nos enfants que le fric n’est pas la valeur suprême en ce monde:

Résumé :

Une invention par semaine, 52 inventions par an : voici l’ordinaire de M. Felix, inventeur de génie. Jusqu’à ce fameux lundi où un millionnaire lui demande d’inventer, en une semaine, une machine à rendre les millionnaires milliardaires.

Les jours passent et, le dimanche venu, M. Felix n’a pas trouvé le moindre début d’invention. Heureusement pour lui, une idée de génie (*) va germer dans son esprit, juste à temps pour être débarrassé à jamais de son client millionnaire ! 

Le charme du graphisme de Jean-François Martin, dont les couleurs chaudes créent une atmosphère douce et feutrée, s’accorde à merveille avec l’humour facétieux et le côté un peu frondeur de cette histoire.

En ces temps de crise du système capitaliste, un album parfait pour les enfants de millionnaires (et pour les autres aussi, naturellement) ! Cet album pose la question de l’utilité de l’argent sans en parler, c’est un point de départ pour en discuter avec vos enfants, selon leur point de vue et le votre point.

(*) un escalier sans fin

 

 


Ils m’ont tapé dans l’oeil ! n°6

Synopsis

Dans une province rurale du nord du Japon, à Yamagata, où Daigo Kobayashi retourne avec son épouse, après l’éclatement de l’orchestre dans lequel il jouait depuis des années à Tokyo. Daigo répond à une annonce pour un emploi « d’aide aux départs », imaginant avoir affaire à une agence de voyages. L’ancien violoncelliste s’aperçoit qu’il s’agit en réalité d’une entreprise de pompes funèbres, mais accepte l’emploi par nécessité financière. Plongé dans ce monde peu connu, il va découvrir les rites funéraires, tout en cachant à sa femme sa nouvelle activité, en grande partie taboue au Japon.

Ce film me rappelle quelques souvenirs d’enfance…

Mon grand-père avait créé après la guerre une entreprise de pompe funèbre, j’ai gardé certains souvenirs de cet univers froid, calme et intriguant pour un jeune esprit.

Je revois ces stèles funéraires en marbre, ces statues de bronze, ces fleurs en plastiques, ces lettres dorées disposées en vrac qu’une main anonyme agitait pour inscrire le dernier salut des proches du défunt sur la couronne funéraire, ronde, toujours ronde, mais pourquoi ronde?

Mais surtout, je frémis encore en pensant à ce jeu qui ravirait plus d’un « gothique », un jeu « interdit » auquel nous nous adonnions parfois avec mon cousin, celui de prendre la place du mort. Tour à tour, nous montions à l’intérieur d’un cercueil capitonné, l’expérience consistait alors à refermer le couvercle sur nos petites personnes, dans le seul but de savoir à quoi ressemblait la mort. Du noir que du noir, rien que du noir! Fan des épisodes de La quatrième dimension nous imaginions alors franchir la porte vers un autre monde, aussi étrange que celui des pompes funèbres.

Cette expérience  infructueuse  ne durait que quelques dizaines de secondes, la trouille au ventre nous retirions avec empressement le couvercle au signal de l’un ou de l’autre, nous étions soulagés de retrouver la lumière, soulagés de  voir l’expression d’un visage si familier. La famille Adams avait ce genre de pratique, mais c’était une pratique courante, ils ne craignent pas la mort!


Ils m’ont tapé dans l’oeil ! n°5

Ce film serait-il à classer dans la catégorie des chefs d’oeuvres?

Je serais tenté de répondre par oui, ce film du réalisateur Juan José Campanella est une pièce d’orfèvrerie de première ordre, j’ai rarement vu un film si bien ficelé. Une intrigue policière et amoureuse passionnante, des acteurs excellents, ils jouent juste avec beaucoup de retenue, l’émotion est contenue, j’aime ça, on n’est pas dans l’exagération du jeu de l’acteur. Le contexte politique est omniprésent mais jamais il n’est mentionné. Nous sommes en 1974, année qui m’a vu naître, un de ses années troubles dans une Argentine en proie à la dictature ( 1972 à 1983), la mention de cette date dans le film se suffit à elle-même. Ce film dispose d’une très belle photographie, qui ne cherche pas les effets spectaculaires, la violence existe dans ces images mais elle n’est pas obscène comme bon nombre de films. Une fois encore ce film est sobre mais efficace, et parfait, le rebondissement principal du film est absolument grandiose.

Vous l’aurez compris, ce film est un grand moment de cinéma, c’est plutôt rare. 

Pour l’anecdote, il a eu l’oscar de meilleur film étranger, je viens de voir ça, on s’en fout, mais quand même…

Pour en savoir plus, voici une vraie critique de cinéma sur le lien suivant:

http://nicolinux.fr/2010/05/08/dans-ses-yeux-campanella/

http://www.telerama.fr/cinema/films/dans-ses-yeux,405677.php