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Hong Kong : « autopsie d’un rat » ( œuvre d’art )

Voici une photo prise dans une galerie d’art, le rat semble avoir été terrassé par l’araignée. Je ne connais pas l’auteur de cette œuvre. Le drap blanc me paraît intéressant dans la démarche plastique de l’artiste, il semble avoir une fonction fictionnelle, celle de camper un décor dramaturgique qui me fait penser alors à une salle d’autopsie. Bravo Monsieur ou Madame X.

Le rat est un animal emblématique en Chine, il appartient à la culture chinoise, il n’a pas forcément cette réputation négative qu’on lui prête en Occident depuis les grandes épidémies de peste du Moyen Age, cette bestiole a alors un fort pouvoir d’interjection. Voir ainsi cet animal sanctuarisé, est sans doute une idée forte dans cette œuvre, idée qui semble vouloir mobiliser notre inconscient collectif… Ou du moins attirer mon œil égaré.

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J’adore les Tudors

Voici une série qui mérite le détour, les Tudors. C’est l’histoire d’Henri VIII, roi d’Angleterre, roi belliqueux aux 6 épouses. Ce Personnage haut en couleur sévit dans ce chaudron de l’histoire Européenne du XVIe siècle, en proie aux schismes religieux et sous la prise de ces mains acérées que sont les régents François Ier, Charles Quint et bien sûr Henri VIII. Nous sommes à une période où l’Eglise tente de pacifier les relations entre les régents tout en étant à la fois juge et parti. C’est aussi une période où les idées de Calvin vont trouvées échos dans l’entourage du roi Henri VIII. L’Europe opère alors une rupture idéologique et religieuse.

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L’esthétique de la série n’a, à ma connaissance, nul autre pareil. Les costumes sont sublimes, la photographie du film est très maîtrisée ainsi que la mise en scène. Tout participe dans cette série à renforcer la dramaturgie de cette époque et celle des personnages. Les intrigues, les trahisons, les passions, les joies s’y entrechoquent dans une sérénade endiablée.

Pour profiter de cette formidable fresque historique, rien de tel que de la visionner sur un écran plasma, en HD. Merci à Arte d’avoir diffuser cette série produite par nos amis irlandais et canadiens, qui je pense n’ont pas hésité à écorner l’une des grandes icônes de l’histoire d’Angleterre. Y aurait-il un peu de ressentiment de leurs parts ou rendent-ils compte simplement d’une époque sans en déformer les contours?
Pour ma part je ne peux y répondre, alors amis historiens la vérité vous appartient.

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Ils m’ont tapé dans l’oeil ! n°9: Melancholia de Lars Von Trier

Voici un film que j’ai vu il y a un mois et qui me poursuit encore, plutôt rare!

Il s’agit de la fin du monde, un couple se marie alors que la planète et l’humanité vit ses derniers instants. Elle, Justine (Kirsten Dunst) et lui ne le savent pas encore mais la jeune mariée, une artiste reconnue (dans la catégorie des écorchées vives), ressent en souffrance l’intensité de ce monde qui va à sa perte, dans sa chair et son âme, comme si elle était raccordée à la terre, au cosmos. (peut-être la dimension philosophique ou symbolique du film?)

Dès la cérémonie de mariage et durant le repas, le malaise s’installe, des parents divorcés (Charlotte Rempling et John Hurt) qui se balancent des reproches en public comme dans une joute verbale. Un beau-frère (kiefer Sutherland) plein aux as, le « grand argentier » de ce mariage est très attaché quant à lui aux conventions, il se scandalise devant les disparitions et réapparitions répétées de la mariée pendant le repas de mariage, il ne cesse de lui faire des reproches tout en débordant d’affection pour elle, elle qu’il considère comme une petite soeur irresponsable. Il vire la mère acariâtre de la mariée  qui assène quelques vérités sur le mariage et écorne l’image idyllique qu’il représente, etc. (la dimension sociale)

Les choses vont de mal en pis, les scientifiques se veulent rassurant d’autres le sont beaucoup moins mais ils ne sont pas relayés par les médias, évident!

Alors que le drame s’installe, la vraie nature des gens est révélée, la lâcheté du beau-frère jouxte la flamboyance et le courage de deux soeurs (Charlotte Gainsbourg et  Justine, la mariée) devant l’inéluctable.  Elles vont tenter de préserver le seul enfant de la famille de la cruauté irréparable de ce monde en perdition. (la dimension ontologique)

La fin, poétique et sublime ne suffit pas à effacer ce sentiment d’effroi, sentiment amplifié par une bande sonore dantesque! 

A voir donc absolument, on flippe, on flippe mais j’ai trouvé ce film grandiose, il en ferait presque oublié les frasques du réalisateur lors du festival de Cannes de 2011. Attention cependant, on aime ou déteste!

Merci monsieur Lars Von Trier pour ce film que je trouve fabuleux! 


Dans ma bulle (mes auteurs préférés dans le monde de la BD): n°1 – Rabaté « IBICUS »

Ibicus (en 4 tomes) d’après une oeuvre Alexis Tolstoï,

dessins de Pascal RABATE

 

Quand Pascal Rabaté est primé en janvier 2000 à Angoulême, les cicatrices de l’ex-empire soviétique ne sont pas encore refermées et l’œuvre du dessinateur angevin fait alors figure d’o.v.n.i. dans le monde des « petits mickeys » tant par ses partis pris graphiques et esthétiques, que par son sujet .

Les mésaventures de Simeon Nevzorof, obscur comptable, prototype même de l’anti-héros, ballotté au gré des soubresauts de la Révolution d’Octobre sont adaptées à partir d’un roman oublié d’un certain Alexis Tolstoï (et non du célèbre Léon !) déniché chez un bouquiniste par le dessinateur des Petits ruisseaux. Cette épopée sinistre et dérisoire raconte comment, alors que La Grande Russie prend l’eau de toute part, ce Rastignac débutant cherche avant tout à sauver sa peau, essentiellement motivé par la recherche de l’enrichissement personnel et la jouissance immédiate, une idéologie purement individuelle en opposition au contexte du moment, on l’aura compris !

Plus qu’un récit linéaire et formel, Ibicus est d’abord la chronique d’une errance cynique et désabusée à travers la Russie bouleversée et agitée de 1917 dans laquelle Nevzorof court après son rêve (?), celui de réussir, de gagner de l’argent (facilement ?) de se faire une place au soleil malgré les ombres et les nuages noirs qui s’amoncellent sur cette région du monde sinistre et déglinguée où de nombreux destins individuels vont chavirer sous la pression des évènements. Tour à tour comte, détrousseur, tenancier de tripot…, il traverse cette période de révolution comme un chat à neuf vies… Avec neuf vies, mais un seule mort, rajoute Rabaté dans la post-face du premier tome !

Voyage à l’intérieur d’une Russie intime

Avec cette réussite monumentale (quatre épais volumes dans l’édition originale, un succès inespéré), Rabaté construit une œuvre personnelle et forte, en marge de ses premiers récits au trait charbonneux, faussement brouillon, chroniques d’un quart monde provincial des bords de Loire.(les Pieds dedans, un ver dans le -fruit, aux éditions Vent d’Ouest).

Ibicus s’impose comme une œuvre majeure de la bande dessinée contemporaine, aussi originale dans sa forme que dans son propos bousculant bien des idées reçues. Loin des couleurs saturées d’aérographe du moment ou du nombrilisme d’autres récits graphiquement minimalistes, le dessinateur propose un vrai dépaysement, le souffle enfumé d’une aventure destroy et désespérée. Cette Russie méconnue, souvent invisible, reste aussi éloignée des clichés politiquement corrects que des allégories révolutionnaires et ne cherche donc pas à séduire les russophiles en mal de sensations fortes.

« Ce qui manque le plus à Moscou aujourd’hui ? La poésie, mon vieux, la poésie ! »

Tout l’esprit du livre est contenu dans les propos cyniques de Rtichtchev compère d’un jour de Nevzorof, lui proposant de créer une maison de passe !

Le visiteur du pays des années Intourist (agence officielle des années soviétiques) retrouvera à travers les gris et les espaces vides de certains décors l’ambiance à la fois glacée et immobile de certaines agglomérations de la Russie d’alors. Ici, le voyage est ailleurs, si les landes de l’Oural sont suggérées, si Odessa n’est pas forcément conforme aux cartes postales, l’exotisme de Rabaté est plus littéraire que géographique ou ethnologique. Rien à voir avec le fameux réalisme soviétique, Ibicus n’est ni l’un, ni l’autre : « Mon adaptation est libre, mais j’ai cependant essayé de respecter l’esprit de l’auteur. Ceci dit je m’en fous, c’était un stalinien et il est mort ! » (Extrait de la postface du premier volume).

Une subjectivité assumée

L’auteur l’avoue et le revendique : son adaptation n’a pas vocation à faire œuvre de témoignage, les tenants de l’exactitude et de la vérité historique en seront pour leur frais. En privilégiant « l’ambiance à la vérité des lieux », l’auteur ne cherche pas à faire œuvre d’historien. Même si son personnage nous transporte de Petrograd à Odessa ou Istanbul, son graphisme basé sur une technique du lavis parfaitement maîtrisée mais sans excès d’esthétisme, nous rend ce monde pas encore soviétisé tout à fait convaincant et crédible.

Les références sont davantage à rechercher du côté d’Eisenstein de Lang ou de Wells car pour l’artiste « ce n’est pas la lumière qui est intéressante, c’est l’ombre ». [1] En travaillant sur l’étirement des silhouettes, Rabaté associe aussi toutes ses références expressionnistes (d’Otto Dix à Grosz ou Kokoschka !) pour recréer des ambiances fantastiques issues de sa culture cinématographique. La maturité de son graphisme puise son expérience aussi bien dans les images d’un Chagall ou d’un Soutine pour le côté « russe » que dans celle d’un Breccia pour la confrontation du noir et du blanc et des clairs-obscurs.

Céline chez les soviets ?

« Tolstoï a écrit Ibicus comme un roman d’allégeance au régime soviétique, une manière de dire que les Russes blancs qui étaient partis étaient tous des médiocres, point de vue que je ne partage évidemment pas . Tolstoï méprise et fait une fable là où moi je ne fais que le portrait d’un personnage minable qui se débat dans un bouillon de culture… ».

Ni misérabiliste, ni exagérément politique la Russie de Rabaté ne fait apparaître les Soviets que lorsque c’est nécessaire au récit, non pour servir un discours déjà rédigé. Ses parties de chasse sont sauvages, cruelles et côtoient le fantastique d’un monde en voie de disparition. Si Rabaté décrit un univers où la mort et la folie se disputent des destins tragiques et dérisoires. En revendiquant une « lecture délibérément subjective de l’Histoire », il justifie une démarche qui ne gêne en rien l’évasion ou le voyage, bien au contraire ! Ibicus nous transporte dans un monde dont on croyait déjà tout connaître, un Voyage au bord de la nuit soviétique en quelque sorte !

On peut aussi visiter la Russie grâce à :

- Jusqu’à Sakhaline, un récit de voyage de Berrou et Rabaté


Ils m’ont tapé dans l’oeil ! n°7

Contre la tyrannie du fric !

Voici un album réjouissant, pour apprendre à nos enfants que le fric n’est pas la valeur suprême en ce monde:

Résumé :

Une invention par semaine, 52 inventions par an : voici l’ordinaire de M. Felix, inventeur de génie. Jusqu’à ce fameux lundi où un millionnaire lui demande d’inventer, en une semaine, une machine à rendre les millionnaires milliardaires.

Les jours passent et, le dimanche venu, M. Felix n’a pas trouvé le moindre début d’invention. Heureusement pour lui, une idée de génie (*) va germer dans son esprit, juste à temps pour être débarrassé à jamais de son client millionnaire ! 

Le charme du graphisme de Jean-François Martin, dont les couleurs chaudes créent une atmosphère douce et feutrée, s’accorde à merveille avec l’humour facétieux et le côté un peu frondeur de cette histoire.

En ces temps de crise du système capitaliste, un album parfait pour les enfants de millionnaires (et pour les autres aussi, naturellement) ! Cet album pose la question de l’utilité de l’argent sans en parler, c’est un point de départ pour en discuter avec vos enfants, selon leur point de vue et le votre point.

(*) un escalier sans fin

 

 


Ils m’ont tapé dans l’oeil ! n°6

Synopsis

Dans une province rurale du nord du Japon, à Yamagata, où Daigo Kobayashi retourne avec son épouse, après l’éclatement de l’orchestre dans lequel il jouait depuis des années à Tokyo. Daigo répond à une annonce pour un emploi « d’aide aux départs », imaginant avoir affaire à une agence de voyages. L’ancien violoncelliste s’aperçoit qu’il s’agit en réalité d’une entreprise de pompes funèbres, mais accepte l’emploi par nécessité financière. Plongé dans ce monde peu connu, il va découvrir les rites funéraires, tout en cachant à sa femme sa nouvelle activité, en grande partie taboue au Japon.

Ce film me rappelle quelques souvenirs d’enfance…

Mon grand-père avait créé après la guerre une entreprise de pompe funèbre, j’ai gardé certains souvenirs de cet univers froid, calme et intriguant pour un jeune esprit.

Je revois ces stèles funéraires en marbre, ces statues de bronze, ces fleurs en plastiques, ces lettres dorées disposées en vrac qu’une main anonyme agitait pour inscrire le dernier salut des proches du défunt sur la couronne funéraire, ronde, toujours ronde, mais pourquoi ronde?

Mais surtout, je frémis encore en pensant à ce jeu qui ravirait plus d’un « gothique », un jeu « interdit » auquel nous nous adonnions parfois avec mon cousin, celui de prendre la place du mort. Tour à tour, nous montions à l’intérieur d’un cercueil capitonné, l’expérience consistait alors à refermer le couvercle sur nos petites personnes, dans le seul but de savoir à quoi ressemblait la mort. Du noir que du noir, rien que du noir! Fan des épisodes de La quatrième dimension nous imaginions alors franchir la porte vers un autre monde, aussi étrange que celui des pompes funèbres.

Cette expérience  infructueuse  ne durait que quelques dizaines de secondes, la trouille au ventre nous retirions avec empressement le couvercle au signal de l’un ou de l’autre, nous étions soulagés de retrouver la lumière, soulagés de  voir l’expression d’un visage si familier. La famille Adams avait ce genre de pratique, mais c’était une pratique courante, ils ne craignent pas la mort!


Ils m’ont tapé dans l’oeil ! n°5

Ce film serait-il à classer dans la catégorie des chefs d’oeuvres?

Je serais tenté de répondre par oui, ce film du réalisateur Juan José Campanella est une pièce d’orfèvrerie de première ordre, j’ai rarement vu un film si bien ficelé. Une intrigue policière et amoureuse passionnante, des acteurs excellents, ils jouent juste avec beaucoup de retenue, l’émotion est contenue, j’aime ça, on n’est pas dans l’exagération du jeu de l’acteur. Le contexte politique est omniprésent mais jamais il n’est mentionné. Nous sommes en 1974, année qui m’a vu naître, un de ses années troubles dans une Argentine en proie à la dictature ( 1972 à 1983), la mention de cette date dans le film se suffit à elle-même. Ce film dispose d’une très belle photographie, qui ne cherche pas les effets spectaculaires, la violence existe dans ces images mais elle n’est pas obscène comme bon nombre de films. Une fois encore ce film est sobre mais efficace, et parfait, le rebondissement principal du film est absolument grandiose.

Vous l’aurez compris, ce film est un grand moment de cinéma, c’est plutôt rare. 

Pour l’anecdote, il a eu l’oscar de meilleur film étranger, je viens de voir ça, on s’en fout, mais quand même…

Pour en savoir plus, voici une vraie critique de cinéma sur le lien suivant:

http://nicolinux.fr/2010/05/08/dans-ses-yeux-campanella/

http://www.telerama.fr/cinema/films/dans-ses-yeux,405677.php


Ils m’ont tapé dans l’oeil ! (n°4)

 Edward Burtynsky  ou l’art des paysages industriels

Voici un documentaire absolument magnifique sur le travail de ce photographe et plus largement sur les paysages industriels de ce monde. Il s’agit sans conteste de l’un des plus beaux documentaires jamais fait sur le sujet. 

Pour les intéressés qui me connaissent, j’ai ce documentaire en stock que je garde précieusement !

Edward Burtynsky est un photographe canadien, reconnu pour être l’un des meilleurs photographes de sa génération. Spécialisé dans la photographie de paysages industrielles, il a arpenté les quatre coins de la planète à la recherche des espaces en mutation, des paysages ravagés par l’ère industrielle et il a été le témoin particulier des grands changements de ce monde.

Il est allé en Chine pour photographier le barrage en construction des « Trois gorges »,  sans conteste le plus pharaonique des projets que la terre est portée à l’aube du 21ème siècle. En dehors de l’aspect monumental de ce barrage, il a aussi rendu compte implicitement du déplacement de quelques millions de chinois situés dans le zone inondable du barrage par la destruction de villes immenses.

En chine, il s’est aussi intéressé aux usines qui s’étendent sur des kilomètres de long, avec leurs bataillons d’ouvriers, véritable armée de travailleurs en bon ordre, de petites mains scrupuleuses, d’hommes et de femmes affairés, noyés dans ce grand bain industriel  et qui espèrent ainsi entrer dans le temple de la consommation par le faible gain de leur force de travail. L’une de ses photos est un clin d’oeil à cette « armée enterrée de soldats en terre cuite » près de Xian, une armée gardienne de l’empereur et donc de l’empire chinois.  

L’individu n’existe pas ou très peu. Les photos représentent souvent des employés parmi d’autres employés, anonymes accomplissant toujours la même tâche. Et oui, la division des tâches a encore des jours glorieux devant elle, un(e) ouvrier(e) une tâche, de quoi rendre dingue un individu par des cadences toujours infernales. C’est une déshumanisation à laquelle nous assistons à travers ces photographies, une déshumanisation dans un monde trop plein d’hommes…

Au début du film documentaire « Manufactured landscapes », la réalisatrice du documentaire Jennifer Baichwal a sublimement montrer le gigantisme de ces usines chinoises avec un long plan séquence d’au moins dix minutes, on s’impatiente un peu, ce plan interminable sous forme de travelling (à la vitesse d’un homme à pied) opère sur nous lentement pour nous déstabiliser complètement, il devient presque irréaliste tant c’est gigantesque. Il montre les postes de travail des ouvriers, tous en lignes, puis peu à peu la caméra s’arrête dans un plan plus serré pour s’intéresser à un poste de travail: enfin l’humain nous apparaît. Grandiose!!! Un grand moment de cinéma… 

Edward Burtynsky a aussi photographié ces géants des mers en fin de vie sur les plages du Bangladesh, que les ouvriers dissèquent, dépècent tranches par tranches, tronçons par tronçons. Ces grandes baleines de métal disparaissent alors en quelques mois, sucées jusqu’à la moelle. Le métal alimentera alors les forges des grandes fonderies multinationales, encore un travail monumental.

Burtynsky s’est aussi intéressé à l’industrie pétrolière dans un travail nommé « End of oil« , il a photographié les infrastructures pétrolières laissées à l’abandon un fois les gisements épuisés. Faut-il y voir un documentaire d’anticipation, oui et non, non car l’industrie pétrolière a encore de beaux jours devant elle, oui car cette ressource commence à se tarir. Nous avons le sentiment aux vues de ces photos, qu’il s’agit d’une projection de notre propre avenir : inquiétant, car l’impact écologique s’annonce désastreux. 

Enfin Burtynsky a photographié le matériel militaire obsolète parqué sur des territoires immenses aux Etats-Unis et qui sont toujours dans l’attente d’être recyclé ou sont en phase de l’être, y compris du matériel qui a plus de 40 ans…

La démarche de l’auteur est bien sûr celle du documentaire,  elle est pétrie par le soucis d’exactitude et d’objectivité dans le travail mené. Cependant Burtynsky reste avant tout un graphiste et ses photographies flirtent indéniablement l’abstrait, la composition est savante, presque « structuraliste », certaines photographies forment alors  des compositions abstraites avec des aplats de couleurs saturés… il est à la frontière entre le réalisme et l’abstrait, une belle prouesse, rare en photographie, bravo !   

A.P

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Ils m’ont tapé dans l’oeil n°3

Parlons cinéma !

Minuit à Paris

Américain : 2011
Titre original : Midnight in Paris
Réalisateur : Woody Allen
Scénario : Woody Allen
Acteurs : Owen WilsonRachel McAdamsAdrien BrodyCarla Bruni,Marion Cotillard
Distribution : Mars Distribution
Durée : 1h34
Genre : Comédie
Date de sortie : 11 mai 2011

42è long-métrage de Woody Allen, Minuit à Paris a été présenté à l’ouverture du 64ème Festival de Cannes 2011. Le réalisateur nous revient avec un film très européen dont l’histoire romantique et comique se déroule à Paris, ville vénérée par Woody Allen. D’ailleurs il le dit lui-même : “En imaginant l’histoire de Minuit à Paris, j’ai voulu mettre en scène toute la magie que m’inspire Paris, une ville que j’adore !”

Synopsis : Un jeune couple d’américains dont le mariage est prévu à l’automne se rend pour quelques jours à Paris. La magie de la capitale ne tarde pas à opérer, tout particulièrement sur le jeune homme amoureux de la Ville-lumière et qui aspire à une autre vie que la sienne.

(suite…)


Geste militant : consommer moins mais mieux et pourquoi pas français, sans être « facho »!

Voici un article du journal Le Monde fort intéressant, j’espère que vous apprécierez.

10 décembre 2011

 » Acheter français est devenu un geste citoyen « 


Le site Ledito.com, créé en 2008, fabrique la totalité de ses meubles design à Evry (Essonne).
L’EDITO
Récit Ethiques, écologiques ou sociales, les motivations sont diverses, mais, depuis un an, les consommateurs plébiscitent le  » Made in France « . La tendance s’affirme sur le Net et les initiatives se multiplient
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Alexandre Lopepe est un Européen convaincu mais, depuis six mois, il ne veut acheter que des produits français.  » J’ai eu le déclic après une série de reportages sur les ravages de la production de coton sur l’environnement en Chine « , explique ce Toulousain de 28 ans, informaticien dans le secteur spatial.  » Je n’ai jamais été militant mais, là, je le deviens en agissant«  Claire Nahoun, elle, a eu une  » révélation l’hiver dernier « , se souvient-elle.  » Un soir, mon fils, qui travaille en alternance dans un magasin de jouets, m’a dit que 80 % de ce que je possédais était fabriqué en Chine. Cela m’a piquée au vif « , explique cette quinqua, assistante dans un cabinet d’avocats parisiens.  » Depuis j’épluche les étiquettes et j’ai des surprises, comme de grandes marques de vêtements made in China. Je suis pour la mondialisation mais désormais, j’oriente mes achats. « 

Quant à Thierry Lehoux, gérant d’un bureau d’études à Nantes, sa prise de conscience date d’il y a un peu moins de deux ans, au coeur de la crise mondiale.  » Nous avons défendu le libre-échange avec naïveté, commente-t-il. La pollution et les bas salaires sont en Asie et nous avons progressivement perdu nos industries, nos départements de recherche et même nos sièges sociaux. Je privilégie les circuits courts pour faire revenir la production en France. « 

Atypiques, ces consommateurs ? Bien au contraire. Selon un sondage réalisé par l’IFOP auprès de 1 004 personnes et publié lundi 21 novembre, 66 % des Français annoncent être prêts à payer un peu plus cher (5 ou 10 %) si le produit est fabriqué en France. Des déclarations d’intention, certes, mais qui se retrouvent désormais dans les faits.

Sur le Net, prompt à révéler les tendances, le site Alittlemarket double de taille tous les six mois. Il expose les productions hexagonales de 20 000 artisans – textile, bagagerie, décoration, bijoux : 400 000 visites par mois, 15 millions de pages vues. Huit clients sur dix, sondés en octobre, déclarent acheter sur le site pour faire travailler l’économie locale.  » Cent nouveaux créateurs par jour demandent à être exposés sur le site « , explique, encore étonné, le cofondateur Nicolas Cohen.

Cet engouement n’a pas échappé à Hervé Gibet et Fabienne Butin. Ces deux pionniers ont, parallèlement à leur travail – lui est journaliste à Paris, elle professeure de peinture à Cassis -, créé en 2008 les sites La Fabrique hexagonale et Madine-France pour aider les consommateurs à débusquer des entreprises fabriquant sur le territoire.  » Au début, certains me prenaient pour un pétainiste « , explique Hervé Gibet.  » Moi, pour une militante d’extrême droite « , ajoute Fabienne Butin.  » C’est fin 2010 que la tendance s’est inversée : acheter français est devenu un geste citoyen « , reconnaissent les deux protagonistes.

Signe des temps, l’entreprise bicentenaire Pleyel, connue dans le monde entier pour ses pianos, a appelé cet été Hervé Gibet pour être référencée en ligne. Désormais, les sites de vente bleu-blanc-rouge se multiplient : 100 % Made in France, France-Avenue, Acheter français n’est pas un luxe, etc. Même les sites destinés aux petites bourses s’y mettent. Ainsi 30eurosmaxi.com estampille les produits hexagonaux d’une petite cocarde.  » Nos ventes augmentent de 30 % par an. J’ai été surprise de la diversité des objets français accessibles aux petits budgets « , explique sa fondatrice, Hanane El Riz.  » L’engouement date d’il y a un peu plus d’un an, ajoute Alexiane Pesenti, responsable marketing de Vilac, dont les poupées Petitcollin sont vendues sur ce site. C’est une conséquence positive de la crise. Le pouvoir d’achat diminue, les Français achètent moins, mais mieux. « 

Résultat, certains industriels, à la peine ces dernières années, redressent la tête.  » J’ai agrandi cette année le logo « made in France » sur l’emballage de nos jouets, c’est devenu un argument commercial « , affirme Jacques Ecoiffier, patron de l’entreprise de jouets homonyme. La gamme Klorofil de l’entreprise Vulli, arborant un drapeau tricolore, se retrouve ce Noël en tête de gondole des magasins de jouets.

La french touch a également le vent en poupe hors des frontières.  » Quand dix parcs new-yorkais s’équipent de nos chaises – celles du jardin parisien du Luxembourg – , c’est un peu du Quartier latin et de la Sorbonne qu’ils achètent « , reconnaît Bernard Reybier, PDG de Fermob, qui réalise près de la moitié de son chiffre d’affaires à l’étranger. Jean-Yves Hepp n’est quant à lui pas peu fier d’aller présenter sa tablette tactile Qooq, 100 % frenchy, dans le temple mondial de la high-tech, le Consumer Electronics Show à Las Vegas, en janvier prochain.  » Je vais la vendre aux Américains alors que sa production vient de passer de Shenzhen (Chine) à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) sans que cela me coûte plus cher « , explique-t-il.

Point d’angélisme cependant. Le consommateur aura tout de même bien du mal à trouver des produits industriels hexagonaux – hormis l’agroalimentaire, bien sûr – dans les linéaires des super et des hypermarchés.  » Certains distributeurs ne jouent pas le jeu et vendent des jouets made in China plus cher que les nôtres « , estime Jacques Ecoiffier. Pour une petite société française, il n’est pas évident de séduire la grande distribution, habituée à multiplier par quatre ou cinq les prix chinois et réaliser ainsi des marges substantielles.

Pour se débrouiller autrement, une nouvelle génération d’entrepreneurs se tourne vers des modèles de distribution alternatifs. Le fabriquant de meubles L’Edito, créé en 2008, propose sur son site un modèle séduisant : l’internaute peut certes acheter des meubles 100 % fabriqués à Evry. Mais il peut aussi financer pour partie le développement d’un prototype proposé en ligne. Il pourra alors acheter l’objet au rabais (- 20 %) mais aussi percevoir, en tant que  » coéditeur « , des  » royalties  » à chaque vente (environ 1 euro par meuble vendu pour 100 euros investis au départ). L’entreprise n’a pas de stock, n’avance aucun frais de développement et n’a qu’un show-room-bureau à Paris.

Le modèle visiblement séduit : 100 000 euros, soit 10 % du chiffre d’affaires, sera reversé cette année aux internautes, estime son directeur général, Francis Lelong, créateur il y a quelques années du site de chaussures Sarenza.  » Nous ne sommes pas des écolos mais avons des valeurs fortes, explique-t-il. Nous pouvons faire aussi bien en produisant français et en étant un peu plus imaginatifs. « 

Les initiatives se multiplient. Le site Archiduchesse propose depuis 2009 une gamme de 48 couleurs de chaussettes fabriquées à Limoges. 50 000 paires ont déjà été vendues. Jacques & Déméter, marque de chaussures chic à moins de 250 euros, vient de se lancer, en novembre, sur le Net. Aux commandes, un jeune duo de créateurs qui va multiplier, d’ici Noël, sa présence dans les  » pop-up « , ces lieux de ventes éphémères qui apparaissent un peu partout en France.  » C’est un bon moyen d’aller à la rencontre des clients « , explique le cofondateur Maxime Van Rothem.

Pour le consommateur, malgré tout, pas si simple de s’y retrouver.  » La provenance des produits est bien moins visible qu’il y a vingt ans, témoigne Thierry Lehoux. J’ai voulu acheter récemment une batterie de voiture. J’ai demandé au vendeur d’où provenaient les trois modèles proposés… Il a été incapable de me répondre et m’a seulement dit que tous trois fonctionnaient correctement ! «  Pour clarifier la situation, un label Origine France Garantie a été lancé en mai. Certifié par un organisme privé, bureau Veritas, il stipule que  » 50 % de la valeur du produit a été acquise sur le territoire national et que les lieux où il a pris ses caractéristiques essentielles sont situés en France « . Une définition plutôt vague… et onéreuse à mettre en pratique.

 » J’ai voulu me faire certifier, j’ai reçu un devis avoisinant les 3 000 euros « , explique le jeune créateur textile Philippe Gaber, qui s’est résolu à créer son propre logo pour afficher sa  » franchitude « . L’opticien Atol a, lui, fait certifier sa dernière collection de lunettes Nu.

Quant aux entreprises trop promptes à surfer sur la tendance qui affichent une cocarde… les 60 000 visiteurs mensuels de La Fabrique hexagonale veillent désormais.  » Ils sont autant d’envoyés spéciaux bénévoles qui font remonter les informations comme de discrets déménagements de lieux de production « , note Hervé Gibet. Le Web 2.0 au service d’un nouveau contrôle citoyen.

Laure Belot

© Le Monde

Ils m’ont tapés dans l’oeil n°2

Le photographe américain Mitch Epstein, a reçu le prix Pictet 2011, pour son travail intitulé American Power. Pendant cinq ans, Epstein a parcouru les Etats-Unis pour comprendre le lien entre son pays et l’énergie, mais aussi le lien entre paysage et énergie, sa production et sa consommation. 

Le photographe n’imaginait pas que le sujet lui vaudrait autant de problèmes et de tracasseries. Sans cesse, il est harcelé par la police et le FBI, alors même qu’il prend ses photos dans l’espace public. Il doit parfois quitter les villes dans lesquelles il réalise son projet, sous peine de se retrouver en prison. Il travaille sur un sujet ultra sensible. La question de l’énergie (« power » en anglais, qui signifie à la fois pouvoir et énergie) est la pierre angulaire de la puissance américaine. Jusqu’à la chaise électrique, qui fait partie de cette interrogation: « Pour quelles raisons importons-nous tout ce pétrole, pourquoi brûlons-nous tout ce charbon polluant, réalisons des forages dans nos océans et nos parc nationaux? » interroge Epstein. 

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Nouvelle série : Ils m’ont tapé dans l’oeil

Ils m’ont tapé dans l’oeil (n°1)

J’ouvre une nouvelle rubrique intitulé « Ils m’ont tapé dans l’oeil ».

Cette rubrique épisodique est consacrée aux artistes dont j’apprécie à fond la démarche artistique. Il y aura donc des photographes, des cinéastes, des écrivains, des musiciens, des plasticiens, des sculpteurs, etc.

J’espère vous faire découvrir des artistiques talentueux méconnus du public, mais j’aimerai revenir aussi sur des artistes connus que j’apprécie particulièrement et qui me paraissent incontournables.

Cette semaine, je vous présente le travail de Michael Ackerman

Michael Ackerman est représenté par la Galerie VU’
Américain. Né en 1967 à Tel Aviv. Il vit à Berlin.

Depuis sa première exposition en 1999, il créé son univers en adoptant une approche radicale et unique. Son travail sur Varanasi, intitulé End Time City, rompt avec toute sorte d’exotisme, avec toutes tentatives descriptives, anecdotes, pour questionner le temps et la mort avec une liberté qui lui permet de passer du panoramique – dont l’usage est ici réinventé – aux carrés et aux rectangles.
En noir et blanc, avec une prise de risque permanente, il explore d’impossibles lumières, autorise le regard à travers le grain pour créer des visions énigmatiques et fécondes.
Michael Ackerman cherche – et trouve -dans le monde qu’il traverse, l’image de son propre malaise, des ses doutes personnels, et de son anxiété.

Il a reçu le Prix Nadar 1999 pour son livre « End Time City » ainsi que le Prix Inifinity pour jeune photographe en 1998.

Voici le lien sur lequel vous pouvez consulter ces reportages

http://www.agencevu.com/photographers/photographer.php?id=1


Petits blogs entre amis

Voici deux blogs que j’affectionne particulièrement :

Le premier : (Honneur aux dames!) s’intitulent « Courants d’Arts » de Noémie Joyaux (une vraie perle cette fille-là!)

Voici un blog pour les amoureux des Arts:  les « musicos » seront ravis de faire vibrer leur coeur acoustique,  les amoureux des « Belles lettres » seront enchantés que leurs papilles se gorgent de mots ambrés glissant comme du miel, les « voyeurs » d’images auront un regard « louche », tour à tour au strabisme divergent ou convergent.

Enfin vous l’aurez compris voici un blog pour ceux qui en ont marre de tourner en rond que j’adore!

Le blog: http://noemie-joyaux.over-blog.com/#

Le second : »La peau des autres » est le prolongement d’une aventure littéraire orchestrée par Pascal Lagana.

Le blog: http://lapeaudesautres.blogspot.com/

Pascal est l’auteur d’un premier roman intitulé « La peau des autres »,  que j’ai lu avec un immense plaisir car il a fait resurgir en ma mémoire de nombreux souvenirs de l’enfance et de l’adolescence, cela grâce notamment à sa qualité de plume, à la force évocatrice de ses phrases et à la justesse de ses observations sur un monde désormais en friche.

Grâce à Pascal j’ai renoué avec un passé volontairement oublié car je suis de ceux qui préfère regarder vers l’avant tout en faisant table rase du passé. Mais voilà, grâce à ce roman,  je réveille peu à peu avec délice mes souvenirs d’un passé parfois un peu triste mais souvent heureux. Quelle bonne thérapie pour se réconcilier avec soi-même!