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Syrie

En attendant la chute…

 Pour ne pas oublier la Syrie, voici une photographie prise à Damas dans la Grande mosquée des Omeyyades, construite au  VIIIème siècle à l’emplacement de l’ancienne église Saint Jean le Baptiste (IVème siècle). 

Pourquoi cette photo me diriez-vous?

Tout simplement pour toutes ces personnes qui semblent être sorties d’un tableau religieux, qui semblent jouer un rôle dans une comédie amère et qui pourtant ne jouent pas. Elles se parent de gravité ou de recueillement tout au plus…L’homme est entre l’ombre et la lumière, le regard baissé tourné vers l’ombre, une vieille dame joint ses mains comme pour supplier son dieu, enfin la femme au premier plan pleine de gravité, soutien une tête pesante, toute en pensée.

Cette interprétation fortement subjective est une manière pour moi de traduire par l’image, des sentiments qui seraient les miens en pareille situation et s’exprimeraient à peu près ainsi : le chagrin, le renoncement, le doute mais peut-être aussi l’espoir. 

Par cette photographie, par ce langage je suppose exprimer « une part de sentiments » partagé par des milliers de Syriens, dans la ville de Homs, soumise au rythme incessant de bombardements, alors que le silence et la paix restent pour beaucoup une lueur d’espoir qui n’en porte pas encore le nom, alors que l’attente se fait si longue…    


Syrie

Sondage :

L’ombre de la dictature ?

Cet homme est :

1. un vendeur de sucettes 

2. un agent de la circulation 

3. un mannequin défilant pour Jean-Paul Gautier 

4. un chef d’orchestre  

5. un magicien 

6. un touriste avec son parapluie 

Si vous le cœur vous en dit, répondez à ce sondage en justifiant votre réponse ( des réponses autres et fantaisistes sont aussi acceptées dans ce sondage et même fortement recommandées)

Réponse prochainement dans la page « Syrie »


« Tueurs en Syrie »

Alors qu’Asma se pavane devant  les objectifs des photographes de son pays et que les flashs crépitent sur son joli minois, il est un peuple qui souffre sous les coups de boutoir des bottes d’un tyran et déverse son sang dans la contestation sous le « crachat rouge de la mitraille » (Rimbaud). Alors qu’elle  jouit d’une image de femme moderne et glamour dans les médias occidentaux, d’autres médias interdits dans son pays, tentent de dénoncer aux quotidiens les massacres orchestrés par son président de mari. Alors que le magazine Vogue la qualifie de « rose du désert », et que Paris Match la présente comme « une lumière dans un pays plein de zones d’ombre »  Asma est devenue en quelques mois la Marie-Antoinette de la Syrie, la « rose aux pétales ensanglantées », haït par ses sujets.

Epouse du tristement célèbre président Bachar Al-Assad, Asma Al-Assad ne cesse de montrer son indifférence face à la tragédie qui secoue son pays lors de ses déplacements à l’étranger. Rien de plus normale lors que l’on est la femme d’un tyran, et pourtant…

Malgré les pressions internationales, Bachar Al-Assad persiste et signe dans la cruauté, le régime est en sursis (la chose est communément admise, d’ailleurs le parti Baas commence à faire défection autour du président). Il sombre dans la déchéance sous nos yeux et pourtant la révolution en marche peine à renverser le dictateur. Mais combien de temps encore faudra-t-il attendre ?

Chaque jour qui s’égraine est une souffrance inacceptable pour les syriens et la communauté internationale énonce quotidiennement ses remontrances contre l’oppression d’un peuple. La Communauté Européenne, les Etats-Unis, le Conseil de Sécurité, la Ligue Arabe multiplient les sanctions face au régime syrien, mais ils restent impuissants face à un régime où règnent les ambiguïtés.

Une main du pouvoir offre formellement des ouvertures, et l’autre main, lourde, réprime férocement les contestataires.

D’un côté, le pouvoir reconnaît la légitimité des revendications de réforme, et d’un autre côté, les annonces, symboliques pour la plupart, se font au compte-gouttes.

Quand le président Bachar Al-Assad affirme un jour qu’il a donné l’ordre de ne pas tirer sur les manifestants, le lendemain des dizaines de morts sont enregistrés.

Lorsque le président décrète une amnistie générale pour « les crimes » commis avant le 31 mai, on apprend qu’un enfant de 13 ans a été sauvagement torturé et tué par les services de sécurité.

Est-ce l’expression d’un tiraillement au sein du régime? Ou bien une façon pour le régime de gagner du temps et venir à bout de la contestation?

Oui, le peuple syrien n’a pas fini de souffrir, d’autant plus que la Syrie occupe une place stratégique sur l’échiquier international. La Russie et la Chine sont demeurées tout au long de la crise des alliées infaillibles du régime syrien.

Peut-on espérer un jour que la Syrie renforce le contingent des démocraties ?

Rien n’est acquis pour l’heure mais déjà les spéculations vont bon train sur l’après Bachar Al-Assad. Le spectre de la guerre civile pointe déjà le bout de son nez dans une Syrie composée d’une mosaïque de communautés religieuses qui bien souvent se tournent le dos et sont peu enclin à s’entendre. Quant au parti Baas*, soutien du régime, il reste puissant…

* Aujourd’hui le Parti Baas syrien a peu à voir avec l’idéologie originelle. Il a peu fait de progrès vers l’unité arabe, et a tout abandonné sauf une conception autoritaire du rôle de l’état dans l’économie, prétendument « socialiste ».

Le Parti Baas syrien a des branches au Liban, au Yémen, en Jordanie, au Soudan, en Irak (actuellement coupée en deux factions), bien qu’aucune des branches non-syriennes n’ait l’importance de la branche syrienne. Les Palestiens connaissent le Parti Baas syrien sous le nom de « le coup de foudre ».

Nous sommes donc loin de cette image glamour de la femme du président, nous sommes loin du style « so british » d’un président qui a été formé dans les meilleures écoles britanniques. Mais plus grave encore, nous sommes loin des rêves d’une République arabe unie, d’un panarabisme, sensés supplanter les divergences au sein d’un même pays. Et plus encore nous sommes loin de l’autodétermination d’un peuple, libre en conscience et en pensée.

A.P

A paraître !

– nouvelle rubrique :

La Syrie