De par le monde, mes yeux s'extasy!

Cambodge 3

Moines et vie locale

 Voici ma première rencontre photographique avec les moines bouddhistes en Asie. Ce fut une rencontre timide de part et d’autre, je me suis retranché derrière mon appareil photo comme s’il s’agissait d’une cachette idéale derrière laquelle je ne pouvais être vu…ou presque. Les moines quant à eux, toujours discrets,  cherchent à communiquer par un échange de regards, souvent furtifs, rarement appuyés. Mais la curiosité des deux parties, curiosité prétendue être un « vilain défaut » permet fort heureusement de briser la glace et elle engage la conversation. Nombreux sont les moines qui apprennent l’Anglais et l’ouverture d’esprit étant leur apanage, il est alors aisé (après avoir surmonter la phase de timidité) de discuter, de philosopher, de s’épancher, de deviser et bien d’autres choses encore. On parle de tout, ils nous demandent d’où l’on vient bien évidemment, mais très vite la conversation s’oriente vers un « Comment ça se passe chez vous? » et puis, « Y a-t-il des bouddhistes dans votre pays? ». Enfin, une fois les politesses d’usage échangées, la discussion prend alors une tournure plus existentielle, profonde et essentielle.

Les moines sont comme des  feux follets aux milieux des pierres noires. Ils hantent avec bienveillance les ruines et les édifices comme les gardiens d’un monde qui ne veut pas sombrer dans l’oubli. Ils rehaussent par leurs habits flamboyants l’aspect terne d’un univers minéral et font chatoyer un monde végétal comme des petites notes colorées rouges-orangées sur fond vert et brun. Ils sont reconnaissables immédiatement, les fidèles s’entretiennent avec eux des turpitudes de la vie, cherchant des conseils avisés pour mieux diriger leurs vies vers la vérité de cette fameuse « voie moyenne de l’équilibre », celle menant à la cessation des souffrances de l’être.

Bhikkhu

Bhikṣu, mot sanskrit (pâli : bhikkhu ; chinois : bǐqīu 比丘 ; japonais : biku), signifie littéralement « mendiant ». Dans le bouddhisme, ce terme désigne les moines, du fait qu’ils ne peuvent, en principe, mettre de côté de la nourriture, mais doivent la quêter. Les moines et nonnes constituent le sangha, bien que ce terme englobe parfois les laïcs.

Le monachisme est introduit dès les débuts de l’histoire du bouddhisme, mais ne s’applique, dans un premier temps, qu’aux hommes.Gautama Bouddha accepte cependant que les femmes puissent recevoir l’ordination et devenir bhikkhuni. L’ordination n’est pas immédiate : celui qui prend les vœux devient d’abord novice, samanera. À partir de 20 ans il est possible de prendre les voeux de bhikhu, ce qui demande de s’engager à respecter un code monastique (patimokkha) comprenant plus de deux cents règles.

Ordre de charité

Dans la continuité de la Communauté monastique originelle, la Communauté theravâda demeure un ordre de charité. Les bhikkhus sont totalement dépendants de la générosité continue des laïcs pour leur subsistance, ces derniers offrant ce qu’on nomme les « quatre nécessités » (nissaya ou paccaya sannissita) essentielles à la vie du moine, comprenant : les vêtements monastiques (ciivara ou ticiivara), le bol à aumônes (patta) pour la nourriture, le logement (senasaana) et les remèdes (bhesajja). Ce système, instauré par le Bouddha, permet d’entretenir le lien d’interdépendance entre les moines et la société. La Communauté bouddhiste connait rarement l’isolation que l’on peut constater dans de nombreuses traditions monastiques, en Orient comme en Occident.

Le respect mutuel entre moines et laïcs est encouragé ; ils font tous partie de la Communauté au sens élargi, qui comprend quatre catégories : moines, nonnes, laïcs et laïques. La décision de rester laïc ou de devenir moine est personnelle et dépend des circonstances dans lesquelles se trouve la personne. Le bénéfice que chaque catégorie retire de l’autre est mutuel : le laïc offre au moine les vêtements, la nourriture, le logement et les remèdes qui lui permettent de subsister. De leur côté, les moines et les nonnes donnent au laïc l’Enseignement (Dhamma) tel qu’ils l’ont étudié, pratiqué et compris. Ainsi, les laïcs peuvent-ils facilement trouver conseil et aide dans un monastère auprès d’un des maîtres présents, ou auprès d’un parent ordonné ou pratiquant temporaire. Un équilibre est maintenu, chaque groupe offrant à l’autre ce qui lui est nécessaire pour vivre.

Vie locale

Le site d’Angkor est à proximité de la ville de Siam Reap, petite ville à l’architecture coloniale et chinoise. Elle est raccordée à Angkor par une route qui pénètre dans la forêt à la manière d’un cordon ombilical qui raccorderait la ville mère (Angkor) à son rejeton (Siam Reap). Un cordon goudronnée que la végétation recouvre presque totalement pour former une sorte de tunnel naturel, arboré. Entre ces deux cités, fourmille tout un vie, perdue entre égarement et spiritualité, mais s’y organise aussi une vie locale qui s’affaire,  entreprend et marchande. Si l’on élargit encore le cadre au-delà de ces deux cités, on parvient rapidement à s’immerger dans une campagne faiblement peuplée, plutôt bien desservie par de petites routes. Certaines vous mènent alors dans lieux plus lointains où parfois l’homme et la nature composent des tableaux au parfum d’Eden.

J’ai essayé par conséquent de composer certaines de mes photographies comme des tableaux impressionnistes sans couleur, en jouant sur le flou et la profondeur de champ que l’on peut créer en variant le diaphragme de l’objectif et en faisant pivoter la bague de mise au point.

Exemples :

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4 Réponses

  1. Je découvre ces nouveaux clichés avec la même émotion que la première fois que j’ai vu ton travail. Tes photos ont une âme, une très belle âme, et j’ai encore plus envie qu’avant de partir au Cambodge pour voir Angkor et pour croiser ces visages. Petit doute teinté de peur: est-ce que cela sera aussi beau que sur tes photos?…

    février 16, 2012 à 6 h 21 min

    • merci pour ces belles paroles, mais ne t’inquiète pas je ne suis pas un voleur de magie, or Angkor en regorge de partout. C’est je crois l’un des endroits en Asie qui m’a le plus fasciné! Mais l’Asie est un continent vaste, il doit y avoir encore ce genre d’endroit, plus reculé encore, loin du piétinement des touristes où le sentiment d’aventure se vit avec un grand A. J’espère un jour ressentir ces émotions si particulières qu’ont pu avoir un Stanley ou un Livingstone, un Malraux ou un Bougainville… L’aventure est-elle encore possible? Je pense que oui, elle est peut-être au coin de la rue ou au détour d’un sentier, si proche que parfois on l’ignore… alors ouvre bien l’oeil, ici ou ailleurs, et surtout à Angkor

      février 16, 2012 à 11 h 26 min

  2. Nico

    « J’ai essayé par conséquent de composer certaines de mes photographies comme des tableaux impressionnistes sans couleur, en jouant sur le flou et la profondeur de champ que l’on peut créer en variant le diaphragme de l’objectif et en faisant pivoter la bague de mise au point. »… et c’est fichtrement bien réussi!

    novembre 4, 2011 à 11 h 01 min

    • Bon je dois t’avouer aussi que j’ai adouci le tout avec Photoshop pour renforcer l’effet flou, mais chut faut pas le dire, j’ai légèrement aider la photo avec la technologie. Ce n’est pas dans mes habitudes de tricher en Argentique. Par ailleurs en condition réelle de labo, pour un vrai tirage cela aurait pris des heures à faire des essais sur du papier pour un coût exorbitant.

      novembre 4, 2011 à 11 h 10 min

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